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Une sélection commentée de livres jeunesse s'intéressant aux relations humain/animal.

 

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 21:17

un royaume sans oiseaux

Écrit par Baum

Illustré par Dedieu

Aux éditions Seuil jeunesse, 2013

Prix : 15 euros

A partir de 7 ans

 

L'Inde légendaire sert de cadre à ce conte qui dénonce les conséquences tragiques des caprices d'un maharadjah tout-puissant. Celui-ci, affligé par la mort de son oiseau de compagnie, décrète qu'aucun autre oiseau ne doit lui survivre et lance ses gardes dans une chasse sans merci. Râhi tente le tout pour le tout pour sauver ses oiseaux du massacre et part pour un autre royaume où ils n'auront plus rien à craindre. Il chemine, aidé par la complicité du peuple protecteur et ami des petits volatiles.  Mais à la frontière, il se trouve face à une armée décidée à attaquer ce qui devenu le royaume sans oiseaux. Râhi décide alors de renvoyer ses oiseaux avec un message à la patte. L'un d'eux seulement, sauvé par la fille du maharajah, parvient à accomplir sa mission, et permet à l'armée ainsi prévenue, de repousser l'ennemi.

 

Comme souvent dans les contes, les animaux apparaissent  pour récompenser les héros bienveillants et mettre en garde, sinon punir, les égoïstes. Il existe bien des façons d'aimer, et le deuil sanglant que le maharadjah impose à tout son royaume le range assurément dans la catégorie des seconds. Au contraire, le courageux Râhi, les candides enfants, le peuple laborieux et solidaire et la princesse compatissante se liguent contre sa folie meurtrière. Ils sont par nature les alliés des oiseaux, symbole de joie et de liberté. L'encrage puissant des images se découpant sur des fonds brillamment lumineux souligne la splendeur des décors mais aussi la brutalité des armes, telles les flèches transperçant sans pitié les petits corps abattus en plein vol. Les oiseaux paient un lourd tribut à la conclusion de cet épisode tragique, démontrant puisqu'il en est encore et toujours besoin, que l'acharnement contre la vie finit inévitablement par se retourner contre celui qui s'en rend responsable, entraînant malheureusement dans sa perte tout son entourage. A moins qu'un Râhi ne parvienne à anéantir sa sinistre entreprise...

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 19:15

 

couv chien arbres

 

Conte de la tradition japonaise

Illustré par Anne Buguet

Aux éditions Flammarion

(Albums du Père Castor)

Prix : 4,20 euros

A partir de 5 ans

 

Dans un petit village japonais, un couple âgé vit paisiblement en compagnie d'un petit chien. Tous deux l'aiment tendrement. Un beau jour, ô surprise, cet aimable compagnon, en grattant au pied d'un arbre, leur indique l'emplacement d'un trésor. Mais un voisin envieux voudrait bien, lui aussi, profiter d'une telle aubaine et insiste pour leur emprunter le petit chien, afin qu'il lui rende le même service. Mais sa cupidité est terriblement déçue, et pour se venger, il tue le malheureux animal. Dès lors, pour consoler ses maîtres attristés par sa mort, il leur apparaît en rêve et continue de leur prodiguer ses bienfaits, tandis que le voisin envieux, en cherchant à les détourner à son profit, finit par payer le prix de sa malveillance.

 

Le petit chien de ce conte occupe une place privilégiée dans le cœur des humains qui partagent sa vie. Leur relation, pure et désintéressée, est en accord avec un mode de vie fondé sur l'harmonie avec la nature et la générosité. La chance qui favorise les sages vieillards, par l'intermédiaire de l'animal, symbolise l'assentiment de l'ordre du monde envers leur comportement. Au contraire, l'acharnement cupide du voisin représente la voie à ne pas suivre, sanctionnée finalement par l'autorité royale qui régit l'organisation sociale. Le chien, pour sa part, grâce à sa familiarité avec les humains, cultive les qualités de l'âme en la reliant, par sa nature animale, à l'ensemble des êtres vivants. Un thème très présent dans la culture japonaise, jusque dans son développement moderne.

 

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 17:09

couv 4 amis

 

Écrit par Praline Gay-Para

Illustré par Andrée Prigent

Aux éditions Didier jeunesse, 2001

Collection A petits petons

Prix : 11,50 euros

A partir de 3 ans

 

Noël approche. Pour le fêter dignement, le fermier aiguise son couteau afin de faire passer de vie à trépas la poulette grassouillette qui lui servira de repas. Mais la poulette, témoin de la scène, prend la poudre d'escampette, entraînant dans sa fuite d'autres animaux auxquels elle prédit un sort semblable s'ils ne la suivent pas. C'est ainsi que la poulette, le chat, la vache et l'âne arrivent à la porte d'une maison où se morfond une petite grand-mère en mal de compagnie. Les quatre animaux vont alors devenir le plus beau des cadeaux dont elle puisse rêver.

 

Les fêtes de Noël ne sont pas, à l'évidence, une période joyeuse pour les animaux, abattus par  millions pour alimenter ces traditions festives. Ce conte d'origine européenne propose une autre façon de les associer aux réjouissances humaines. Plutôt qu'un repas vite oublié, la grand-mère reçoit un cadeau durable et toujours renouvelé. Si Noël est bien la célébration de la vie et du partage, c'est elle qui en témoigne le mieux. La forme rythmée et chantante du texte est mise en évidence par les effets typographiques et une illustration accrocheuse. Voici un conte que les enfants se plairont à écouter encore et encore… et une belle idée de cadeau !

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 20:21

couv petit chameau

 

Conte traditionnel de Mongolie

Adapté par Geneviève Lecourtier

Illustré par Ronan Badel

Aux éditions Flammarion (Père Castor), 2008

Prix : 10 euros

A partir de 4 ans

 

 

Gengis Khan, insatiable conquérant, donne la main de sa fille à Jadiraï, son nouveau vassal, en échange d'un troupeau de cent chameaux blancs. Pour honorer sa dette, Jadairaï doit se séparer de sa chamelle et l'éloigner ainsi de son petit. Rien ne peut consoler l'orphelin, qui s'échappe et, bravant l'acharnement du gardien de troupeaux, réussit à retrouver sa mère, grâce à la complicité d'autres animaux, sensibles à sa détresse. Gengis Khan lui-même, ému par la force des sentiments qui unissent la mère et son petit, leur accorde alors sa protection et celle de son peuple.

 

Tandis que l'orgueil et la violence guident les actes des hommes, un petit animal sans défense parvient à donner une leçon au plus terrible d'entre eux. Les animaux que rencontre le petit chameau ne sont pas aveuglés par leur présomption, mais incarnent des êtres capables de comprendre et d'écouter leur cœur : ils se savent eux aussi soumis à la volonté des hommes (tout comme le sont leurs filles !) et développent une complicité qui peut les sauver. Les sentiments qui leur sont prêtés par la tradition orale dont est issu ce conte révèlent un besoin de représenter ce que la force de l'habitude et la certitude du bon droit leur refusent en pratique : le droit de vivre selon leur nature. Mais ce qui se passe dans cette lointaine steppe mongole n'est, après tout, pas si éloigné de la réalité de l'élevage dans les campagnes françaises. En effet, qui se soucie de la séparation des mères vaches, chèvres ou brebis, et de leurs petits, ces derniers prenant le chemin de l'abattoir, tandis que le lait des premières revient aux humains ? C'est que nourrir tous les jours plus de soixante cinq millions de veaux, chevreaux et agneaux, ça tire sur les mamelles !

 

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 20:31

9783473822966FS


Écrit par Eveline Hesler

Illustré par Käthi Bhend

Traduit par Anne Georges

Aux éditions Ravensburger, 2001

Prix 13, 57 euros

A partir de 4 ans

 

L'histoire de Léo et de son frère Méo est inspirée d'une vieille légende suisse.

C'est au tour de Méo de partir dans l'alpage réparer le toit du refuge, mais, face à sa mauvaise volonté, Léo doit y aller à sa place. Sur son chemin, il traite avec égard les êtres qu'il rencontre, fourmis comme champignons, crapaud comme buissons épineux. Il profite de la générosité de la nature qui le nourrit et lui procure une bénéfique nuit de sommeil, rendant son travail puis son retour faciles et agréables. Mais ce n'est pas le seul bienfait qu'elle lui prodigue : les génies de la nature se sont concertés et ont reconnu en lui un allié : la bosse qu'il avait sur le dos a disparu !

Quand il s'en aperçoit, Méo, porteur de la même disgrâce, veut à son tour en être soulagé. Cependant, son parcours ne se déroule pas du tout comme celui de son frère. Au contraire de lui, il maltraite les créatures qu'il croise sur sa route. Les génies de la nature ne l'épargnent donc pas à son arrivée au refuge: il passe une nuit épouvantable, et à son retour, sa bosse a encore grossi. Lorsque la raison de ce malheur lui apparaît, il prend la décision de changer, conscient de l'intérêt qu'il aura à le faire, mais aussi des efforts que cela lui demandera.

 

Le thème des frères antithétiques est, dans les contes, aussi récurrent que celui des animaux alliés. Il consacre la nécessité d'adopter un comportement en accord avec les équilibres sociaux, mais aussi naturels. Les actes destructeurs sont ainsi sanctionnés, tandis que la bienveillance est récompensée. La Nature s'exprime sous la forme de figures magiques dotées d'intention pour mieux porter le message essentiel du conte : « Les êtres portent sur vous le même regard que vous portez sur eux. »

Le charme de cette version du conte doit beaucoup à la qualité de son illustration tout en subtilité, qui sollicite l'attention tout en invitant à la rêverie. La couleur se mêle avec bonheur aux dessins finement exécutés au trait comme pour signifier ce que le merveilleux dit de la réalité.

 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 21:05

9782354131173FS

Les musiciens de la ville de Brême  

Ecrit par les frères Grimm  

Illustré par Gabriel Pacheco  

Aux éditions Minedition, collection Un livre d'images Mineditions, 2011  

14 euros  

A partir de 5 ans

 

 

Et si un conte classique nous surprenait par sa modernité ?

 

Un âne, un chien, un chat et un coq, devenus vieux, ne peuvent plus rendre de services à leurs maîtres, qui veulent s'en débarrasser. L'âne décide donc de partir pour la ville de Brême, avec l'intention d'y devenir musicien. Il entraîne dans son périple les trois autres animaux qu'il rencontre chemin faisant. Mais leur voyage s'arrête dans une maison occupée par des brigands, qu'ils chassent et ridiculisent grâce à leur ingéniosité, et où il s'établissent pour y vivre paisiblement le reste de leur jours.  

 

Les frères Grimm nous ont fait parvenir l'histoire de ces animaux asservis se liguant afin d'échapper à l'ingratitude des hommes pour lesquels ils ne sont que des outils à vocation utilitaire. Le conte, en leur prêtant une vocation artistique, en faisant valoir leurs sentiments de peur ou d'espoir, leur inventivité, leur solidarité et leur ténacité,  nous avertit que nous aurions bien tort de les considérer  comme des machines sans vie ! Il fait appel à notre sens de la justice et nous invite à reconsidérer la façon dont nous sommes capables de traiter d'autres êtres sensibles, comme des esclaves à notre merci. Il évoque la possibilité pour ces animaux d'une vie autonome, libérée de la malveillance de certains humains, maîtres ingrats aussi bien que brigands malfaisants. Les enfants n'hésiteront pas à reconnaître aux animaux représentés par cette histoire le droit de vivre et de vieillir en paix.

 

 

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