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Une sélection commentée de livres jeunesse s'intéressant aux relations humain/animal.

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 19:46

 

couv un jour un chienDessiné par Gabrielle Vincent

Casterman, 2011

Prix : 16,50 euros

A partir de 8 ans

 

Album au trait et sans paroles, Un jour, un chien raconte l'errance d'un chien jeté par la porte d'une voiture. Distancé, malgré ses efforts, par ceux qui viennent de se débarrasser de lui, il cherche à retrouver leur piste sur une route inconnue. Un automobiliste cherche à l'éviter. Il fait un écart qui finit par provoquer un gigantesque carambolage, auquel assiste le chien, dépassé par cette scène. Complètement perdu, il continue d'avancer vers l'immensité d'un paysage où se noie sa solitude. Mais un nouvel horizon apparaît, et après la traversée d'une ville où on ne veut pas de lui, c'est une rencontre, celle d'un enfant, qui lui redonne l'espoir d'une amitié.

 

Il serait vain de tenter de restituer par des mots la puissance émotionnelle de cette histoire sans paroles. Gabrielle Vincent, l'auteur d'Ernest et Célestine, met son immense talent en œuvre pour faire de chaque scène un tableau qui prend le lecteur à témoin : ni les sentiments ressentis par cet animal abandonné, ni les conséquences tragiques d'un acte lâche et inconsidéré ne peuvent lui échapper. Il faut un sens de l'observation et une sensibilité hors normes pour restituer avec une telle justesse les expressions de ce chien en plein désarroi, mais aussi le vide autour de lui en laissant parler le blanc de la page. Du grand art !

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 09:57

couv vérité crue

Écrit par Patrice Favaro

Aux éditions Thierry Magnier, 2012

Prix : 9 euros

A partir de 12 ans

 

Ses parents sont partis en croisière et l'ont confié à la belle-famille, au mas des Rabastous. Lui est un adolescent handicapé par une maladie qui ralentit ses mouvements, à qui son cousin fait payer, par ses railleries cruelles, son refus de manger les animaux, pour lesquels il éprouve une vive et sincère compassion depuis son plus jeune âge. Quand il rencontre Angelina,  que sa situation familiale expose elle aussi aux jugements et à la réprobation de l'opinion locale, il se présente sous le nom de « Jésus qui sauve les animaux ». Il trouve en elle une alliée avec qui il libère les lapins de sa grand-mère, puis les visons d'un élevage, avec la complicité du gardien, Elie, un homme miné par un drame secret. Tous trois n'ont d'autre choix que la fuite pour échapper, non seulement à la sanction des autorités, mais aussi à leurs malheurs, vers un lieu isolé en montagne, où chacun a rendez-vous avec la vérité dont il a besoin pour trouver la paix.

 

Rien n'échappe au regard mobile du jeune Jésus, qui a tant de mal a coordonner ses mouvements mais possède une force que rien n'ébranle. Il dérange, peut-être moins par son handicap, entrave   quotidienne à la vie de son entourage, que par sa sensibilité à fleur de peau. Par sa façon de l'exprimer, par son authenticité, il sème le désordre et malmène les certitudes, y compris sans doute, celles de certains lecteurs. Il oblige en effet à regarder en face, à travers lui, une vérité qu'il est d'usage d'ignorer : la façon dont les humains, être sensés, doués de libre arbitre, tourmentent d'autres êtres dont ils ne peuvent honnêtement nier les souffrances. Son refus de manger des animaux est perçu comme une atteinte à la communauté qui se soude lors du partage des repas. Mais, résolument, Jésus-Raphaël, qui a choisi son identité, refuse le mensonge, pour lui même, comme pour les autres. Il parle sans détour de sa maladie, dont il nargue le pompeux diagnostique ; il oblige Angelina à cesser de réinventer la réalité, protection illusoire contre ses blessures ; il contraint Elie à retourner sur les traces d'un passé dont il ne parvient pas à faire le deuil. Très opportunément, la narration au présent, les phrases courtes et l'enchaînement rapide des événements soulignent l'acuité de ce texte dont le titre annonce clairement le propos, non pas accusateur, mais révélateur.

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 19:34

 

couv tigreEcrit par Pascal Vatinel

Aux éditions Actes Sud (Aventure), 2012

Prix : 13,20 euros

A partir de 10 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La jeune vétérinaire Song Danming  a quitté la capitale chinoise pour s'installer au sud du pays, dans une zone ou la pluralité ethnique et la simplicité de la vie campagnarde lui offrent un changement radical de de mode de vie. Très engagée dans la protection de la faune sauvage, elle a fait la connaissance du jeune Baiming, dont elle a tout de suite remarqué la sensibilité, l'intégrité et l'intelligence. Avec son copain Xiao Chu, l'enfant quitte régulièrement son village pour lui rendre visite et lui confier des papillons rares prélevés dans la jungle. Cependant, un beau jour, ce ne sont pas des papillons, mais des représentants d'une espèce présumée disparue que découvrent les deux garçons  : des tigres, rescapés de la destruction de leurs territoires et du braconnage intensif dont ils sont l'objet. Alors que Baiming court prévenir la vétérinaire, Lin Guofeng, son oncle est bien vite informé par Xiao Chu de cette opportunité de se faire de l'argent. Le potentat local ne peut pas manquer une telle occasion et fait régner la terreur pour parvenir à s'emparer des animaux. Mais le docteur Song lui tient tête, avec l'aide d'une équipe de policiers qui refuse de céder aux pratiques de corruption en cours dans la localité. L'enjeu est de taille, car Baiming s'est enfuit dans la jungle, mettant sa vie en péril, pour échapper à la violence des adultes et rejoindre la famille de tigres.

 

Dans ce roman érudit à l'intrigue menée sans temps mort, Pascal Vatinel nous ouvre les portes d'une Chine méconnue où s'affrontent , comme partout ailleurs, deux façons de voir le monde, l'une portée par la cupidité, l'autre par la générosité. Mais lorsque la misère, la peur et l'ignorance s'en mêlent, le combat paraît bien inégal. Ni les pièges de la jungle, ni la puissance de l'argent ne sont passés sous silence dans le débat entre la protection des hommes et celle des animaux sauvages. Les uns sont-ils voués à détruire les autres pour survivre, voire pour prospérer ? Il faut sans doute beaucoup de courage pour défendre et faire accepter une alternative à cette fatalité. Les personnages  prêts à relever ce défit sont ancrés dans la réalité, avec leurs convictions, mais aussi leurs doutes et leurs hésitations, ce qui les rend d'autant plus attachants. Les lecteurs apprécieront de trouver à la fin de l'histoire quelques pages qui les éclaireront sur leur détermination à protéger ces fauves et à lutter contre les divers dangers qui les menacent.

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 14:46
 
 
couv Iona
Écrit par Gill Lewis
Traduit par Bee Formentelli
Aux éditions Gallimard (folio junior), 2011
Prix : 6,90 euros
A partir de 10 ans
 
 
 
 
 
La nature écossaise est pour la jeune Fiona une source permanente d'émerveillement. Elle vit dans ce cadre sauvage avec le vieux McNair, son grand-père, un homme un peu étrange. La méfiance dont ils sont tous deux l'objet n'empêche pas Callum de se lier d'amitié avec cette fille hors du commun et de partager son secret. Il en devient le dépositaire lorsque prend brusquement fin sa trop brève existence : il se sent désormais responsable d'Iris, une femelle balbuzard, dont il va suivre la migration, grâce à un émetteur placé sur l'oiseau. Mais un jour, le signal disparaît. Callum ne peut se résoudre à cette perte, et lance un appel sur Internet. Le message qu'il reçoit d'Afrique en retour va bouleverser sa vie et celle de son village. Iris retrouvée entraîne dans son sillage une petite africaine courageuse et volontaire qui grâce à la mobilisation de tous les habitants, retrouvera l'usage de ses jambes.
 
La disparition brutale de Fiona marque un tournant dans la vie de Callum. Il lui doit d'avoir appris à  cultiver son sens de l'observation de la vie sauvage, mais aussi à affirmer ses convictions face aux préjugés ou au défaitisme. C'est grâce à ces qualités qu'il réussira à tenir sa promesse de veiller sur Iris avec la complicité de ceux qui auparavant avaient rejeté McNair et sa petite fille. Bien nommé, l'oiseau messager fait le lien entre les continents et unit ses habitants dans une généreuse action commune. Il est vrai que le balbuzard doit l'intérêt qu'il suscite avant tout à sa rareté d'espèce protégée et menacée par la cupidité des trafiquants. Cependant, si on trouve chez Callum la passion des ornithologues pour les oiseaux objets de leur étude, il y a aussi en lui un attachement particulier pour une représentante de leurs espèces, qui se joue dans l'échange d'un regard. Sans doute certains animaux ont-ils plus de chances que d'autres d'attirer la sympathie. Question de regard ?
 
 
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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 19:18

Marelle 3 

 

Après une pause de quelques semaines, Libr'Animo revient en juillet avec de nouvelles lectures très recommandables. Mais, patience, il y a déjà dans ses pages de quoi occuper les vacances qui s'annoncent ...

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 19:15

 

couv chien arbres

 

Conte de la tradition japonaise

Illustré par Anne Buguet

Aux éditions Flammarion

(Albums du Père Castor)

Prix : 4,20 euros

A partir de 5 ans

 

Dans un petit village japonais, un couple âgé vit paisiblement en compagnie d'un petit chien. Tous deux l'aiment tendrement. Un beau jour, ô surprise, cet aimable compagnon, en grattant au pied d'un arbre, leur indique l'emplacement d'un trésor. Mais un voisin envieux voudrait bien, lui aussi, profiter d'une telle aubaine et insiste pour leur emprunter le petit chien, afin qu'il lui rende le même service. Mais sa cupidité est terriblement déçue, et pour se venger, il tue le malheureux animal. Dès lors, pour consoler ses maîtres attristés par sa mort, il leur apparaît en rêve et continue de leur prodiguer ses bienfaits, tandis que le voisin envieux, en cherchant à les détourner à son profit, finit par payer le prix de sa malveillance.

 

Le petit chien de ce conte occupe une place privilégiée dans le cœur des humains qui partagent sa vie. Leur relation, pure et désintéressée, est en accord avec un mode de vie fondé sur l'harmonie avec la nature et la générosité. La chance qui favorise les sages vieillards, par l'intermédiaire de l'animal, symbolise l'assentiment de l'ordre du monde envers leur comportement. Au contraire, l'acharnement cupide du voisin représente la voie à ne pas suivre, sanctionnée finalement par l'autorité royale qui régit l'organisation sociale. Le chien, pour sa part, grâce à sa familiarité avec les humains, cultive les qualités de l'âme en la reliant, par sa nature animale, à l'ensemble des êtres vivants. Un thème très présent dans la culture japonaise, jusque dans son développement moderne.

 

 

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 20:18

couv rana

Ecrit parJeanne-A Debats

Aux éditions Syros

(Mini Syros, Soon) 2012

Prix : 3 euros

A partir de 9 ans

 

Fille de cétologues, Rana a hérité  de ses parents sa passion pour les mammifères marins. Aussi, quand elle fait la connaissance d'un jeune dauphin, nouveau venu dans le centre de recherche où ils exercent leur métier, elle ne pouvait rêver plus beau cadeau d'anniversaire. Entre eux deux, la complicité est immédiate et Typhon devient vite le compagnon de jeu inséparable de Rana, grâce à qui il parvient à supporter sa captivité. Mais les scientifiques ont d'autres projets pour le dauphin. Ils travaillent pour le compte d'une société, sous les ordres d'un inquiétant directeur qui n'a que faire de Typhon. Celui-ci n'est là que pour servir de support à des expériences visant à commercialiser de nouvelles techniques. Le dauphin reçoit donc une injection de nano-robots grâce auxquels il développe la faculté de parler... en langage humain ! Cela lui permet d'appeler au secours lorsque Rana fait une mauvaise chute dans son bassin, mais aussi d'apprendre à lire avec son amie. Les résultats dépassent les prévisions des scientifiques. Typhon devient un danger car il pourrait, s'il s'échappait, « contaminer » d'autres dauphins qui viendraient ainsi concurrencer les aptitudes des hommes. Le directeur demande donc aux parents de Rana d'éliminer Typhon. Pour Rana, la séparation est devenue inéluctable. Elle choisit de libérer Typhon pour lui sauver la vie.

 

Depuis l'antiquité, les mammifères marins, et en particulier les dauphins, ne cessent d'intriguer les hommes par leur intelligence et la familiarité qu'ils entretiennent avec eux. Mais les dauphins sont rarement gagnants dans cette relation. Typhon est en quelque sorte victime du vif intérêt des humains pour les capacités exceptionnelles de son espèce. Sa captivité donne lieu à trois façons bien différentes de le considérer : comme un ami pour Rana, comme un passionnant sujet d'étude pour ses parents, comme un objet de profit pour le directeur. Si des recherches récentes ont permis de mettre en évidence les modalités subtiles de la communication des dauphins entre eux, ici, il est plutôt question de façonner l'animal à l'image de l'homme. On ne manquera pas de se référer à ce propos au livre de Robert Merle : Un animal doué de raison. Le dauphin de ce livre-ci ranime aussi la crainte du créateur de se voir dépassé par sa créature, devenue incontrôlable et, inévitablement, le mythe de l'apprenti sorcier, souvent évoqué par les risques de dérives de la science. Mais Typhon, en manifestant sa personnalité et ses sentiments pour Rana, remet avant tout en cause la légitimité de l'expérimentation sur des êtres sensibles, traités comme du matériel de laboratoire.

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 19:21

 

couv virus

 

 

 

 

 

 

 

Ecrit par Valérie Dayre

Aux éditions La joie de lire, 2007

Prix : 7 euros

A partir de 9 ans

 

 

Virus est le nom d'un chat, patibulaire au possible, adopté à la SPA par un humain qui a exprimé, en le dénommant, son animosité envers ses propres congénères. A son décès, le matou s'est retrouvé livré à lui-même, semant la dévastation dans le voisinage. Le voilà pris au piège, ainsi que six autres chats, en raison d'une campagne d'éradication souhaitée par certains habitants du village où il sévit. Les chats seraient-ils devenus trop nombreux, indésirables ? La population se rassemble pour débattre de la situation des animaux prisonniers. Certains ont des propriétaires identifiés qui vont pouvoir les récupérer. Mais le cas des sans-foyer, comme Virus, est plus difficile à résoudre. Gaspard et sa grand-mère ne sont certainement pas près à laisser l'injustice triompher.

 

Le peuple félin au cœur de cet intéressant petit roman est traité d'un point de vue quasi-documentaire, faisant le tour des questions posées par son rôle dans les sociétés humaines comme dans les équilibres écologiques. En donnant la parole aux habitants d'un village dotés de personnalités fort différentes, l'auteur fait entendre les opinions les plus diverses, allant des préjugés  bruts aux avis éclairés. Gaspard, le jeune garçon témoin de l'affaire, pèse le pour et le contre, se heurtant à sa rancune contre l'affreux Virus autant qu'à sa révolte de le voir condamné. Des personnages hauts en couleur retiennent l'attention : le maire « par défaut », dépassé par sa charge, l'abominable « Hé-hé » tout pétri de méchanceté, l'Anglais excentrique mais plein de bon sens. Au passage, on notera le brillant florilège d'expressions et proverbes mentionnant les chats, révélateur de la place que cet animal emblématique occupe dans nos cultures et dans nos vies.

 

 

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 20:27

 

couv cirqueThéâtre illustré

Écrit par Joëlle Delange

Illustré par Julien Monier

Aux éditions du Bonhomme Vert, 2012

Prix : 14 euros

A partit de 8 ans

 

 

 

Sur la piste du cirque, le dompteur fait son entrée, suivi par Pouni le clown. Puis il appelle la troupe des animaux sauvages afin de leur faire exécuter un numéro : un lion, un ours blanc, une éléphante, un hippopotame et un singe. Mais, chacun à leur tour, ils exposent les difficultés de se prêter à des exercices contraires à leur nature et se plaignent de leurs conditions de vie, inconciliables avec leurs véritables besoins. Pouni, avec ses pitreries, s'efforce de leur venir en aide et propose au dompteur de les remplacer. Mais ce dernier reste intraitable jusqu'à ce qu'un dernier échec le convainque que ces animaux n'ont pas leur place dans un cirque. Il leur rend leur liberté : Pouni, artiste très complet, assurera à lui seul l'ensemble de leurs numéros.

 

Sous la forme originale d'une saynète théâtrale, cet album aux illustrations expressives dévoile l'envers du décor d'un spectacle dont la réalité est prudemment passée sous silence. En donnant la parole aux animaux, il éclaire précisément les ennuis auquel chacun doit faire face et qui échappent  d'ordinaire au public : enfermement, peur, monotonie, soif, douleur... Est-ce vraiment cela que souhaitent les enfants venus les applaudir ? Est-ce réellement si drôle de  regarder les animaux « singer » les hommes ? En listant en dernière page les pays ayant interdit les animaux sauvages dans les cirques, le livre répond à ces questions.

 

 

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 20:13

 

couv taureau à lunettes

 

 

 

 

Écrit par Benoît Broyart

Illustré par Daphné Hong

Aux éditions Milan Poche (Benjamin – Quelle rigolade), 2012

Prix : 4,99 euros

A partir de 6 ans

 

Manolo le torero se fait une joie d'éblouir son public en venant à bout d'un taureau de combat. C'est sans compter avec le peu d'entrain que la bête montre, précisément, pour le combat. Les tentatives du vétérinaire échouant à réveiller son instinct batailleur, Manolo doit se résoudre à quitter l'arène, humilié par ce placide adversaire. Ce sont des enfants qui, en invitant le taureau à partager leur jeux, découvrent sa véritable vocation : la muleta l'indiffère, sa passion, c'est le ballon rond ! Tout le monde y trouvera son compte, même le torero éclairé, reconverti en organisateur de spectacle original et pas banal.

 

Ce petit roman illustré égratigne de manière drôle et irrévérencieuse les prétentions déçues d'un torero belliqueux aux prises avec un taureau pacifique, qui ne veut pas « se battre pour de bon ». En effet, si dans une partie de foot les joueurs se tapent dessus, l'arbitre intervient, car le jeu doit rester un spectacle, un combat « pour de rire », une représentation du réel, ce que n'est pas la mort dans la corrida. Avec ses lunettes sur le nez et sa tête que « la violence ennuie », le taureau brave se mue en brave taureau rigolo qui démystifie le faste de l'arène et la gloire du torero.

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