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Une sélection commentée de livres jeunesse s'intéressant aux relations humain/animal.

 

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 19:15

couv Blue Earth

Écrit par Joseph Monninger  

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie Hermet

Aux éditions Flammarion (Tribal), 2014

Prix : 12,50 euros

A partir de 12 ans

 

 

Speed est un vieux cheval qui toute sa vie a promené des enfants sur son dos et fait ce qu'on attendait de lui sans jamais se plaindre. Les Ferguson, chez qui il passent sa retraite, estiment que le moment est venu d'abréger sa vie. Mais la jeune Hattie, qui travaille chez eux, ne peut se résoudre à ce que cet animal, qu'elle aime plus que tout, meurt sans jamais avoir connu la liberté. Avec son amie Dolorès, elles décident de l'enlever et de partir avec lui vers l'Ouest, à Blue Earth, où s'ouvrent les grands espaces parcourus par les hordes sauvages.

C'est aussi pour les deux filles l'occasion de marquer une rupture avec leurs familles et de reconstruire avec elles des liens sur de nouvelles bases. Dans ce road trip mouvementé, elles s'offrent de moments de plaisir et de fantaisie, rencontrent des personnages authentiques et généreux, toujours guidées par la détermination de mener à bien leur projet. Leur sollicitude pour le vieux cheval les plonge plus d'une fois dans le doute et l'inquiétude, puis dans le soulagement et l'espoir. Mais la chance est avec elles et deux fringants cow-boys providentiels permettront à Speed de profiter du merveilleux cadeau que Hattie a mis tant d'énergie à lui offrir.

 

La lecture de ce très beau roman nous transporte avec autant d'enthousiasme et d'émotions que ses deux jeunes héroïnes en connaissent tout au long de cette aventure initiatique. Leurs caractères bien trempés et parfaitement complémentaires s'accordent dans une amitié qui sonne juste et leur donne la force de franchir tous les obstacles.

La question cruciale de la valeur de la vie est posée et reposée à maintes reprises par le sauvetage clandestin de Speed. La réponse tient sans doute dans la relation exceptionnelle entre Hattie et le cheval, si parfaitement décrite qu'il est impossible de ne pas partager leur bonheur d'être ensemble : « J'ai passé mes bras autour de son cou. Quand il a posé la tête sur mon épaule, le bout de son nez m'a caressé le dos. Il arrive qu'un cheval se laisse serrer dans les bras, mais avant Speed, je n'en avais jamais vu un seul qui sache rendre les caresses. Il me retenait tout près avec sa tête, et je suis restée un moment tout contre lui, pour lui expliquer à voix basse ce que nous allions faire. Je lui ai dit que je l'aimais, aussi, et il me serrait très fort comme s'il m'écoutait vraiment. Comme s'il comprenait. » Par contraste avec la beauté de cette complicité, l'épisode de la virée au « SPAM » et celui de l'arrêt au Piglets soulignent, en revanche, cruellement le peu de considération accordée à d'autres animaux. Le cochon, affectueux et astucieux, broyé dans l'impitoyable machine de la consommation de masse, mérite-t-il moins de sympathie que le mythique et romantique cheval ?

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Published by libr - dans Roman
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commentaires

Folfaerie 02/11/2014 21:04


Encore un roman qui devrait me plaire. Je me souviens toujours de ma lecture de Black Beauty qui retraçait le sort des chevaux à l'époque victorienne, récit plutôt amer.


Quant aux cochons, heureusement que Babe est passé par là (c'est bien un roman jeunesse à la base, non ?). Mais il est vrai que ces pauvres bêtes n'occupent pas du tout la place qu'elles
méritent. Qu'est-ce que je suis contente de ne plus manger de viande, je ne pourrai pas revenir en arrière, même pas pour tout l'or du monde...