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Une sélection commentée de livres jeunesse s'intéressant aux relations humain/animal.

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 20:20

couv planete animaux

Écrit et illustré par Mathis

Aux éditions Sarbacane, 2012

Prix : 13,50

A partir de 7 ans

 

Sur la planète des animaux, rien ne va plus. Les animaux ont pris la place des humains, et leur mènent la vie dure. Enfin pas plus que celle que les humains mènent d'habitude aux animaux. Donc, pourquoi s'offusquer de voir un humain pendu à un hameçon ou enfermé dans un zoo, découpé en tranche dans une assiette (sans le gras), se rongeant une jambe pour échapper à un piège, et dans bien d'autres situations saisies « sur le vif » et sans complaisance ? On comprend vite que l'apparente cruauté dont fait preuve Mathis n'est rien d'autre que l'expression exacerbée d'une empathie qui ne s'arrête pas aux frontières du genre humain. Il la montre non au moyen d'un récit illustré, mais en donnant à voir une série de scènes de genre modernes dont les protagonistes échangent des répliques qui font mouche (au sens pas propre : scène trois).

 

Par un procédé éprouvé, dont l'exemple le plus fameux dans la littérature et au cinéma est sans doute La planète des singes (on aura saisi l'allusion...), Mathis tend à ses semblables un miroir glacial où se reflète l'image de leurs comportements envers des êtres sensibles d'autres espèces. Car sensibles, il le sont assurément. Comment le nier sans se départir d'une part essentielle de son humanité ? Faut-il la bousculer, cette part, afin qu'elle se révèle, sans hésiter à déranger, à choquer, à susciter des exclamations d'indignation ou de dégoût rivalisant avec le rire acide déclenché par des dessins provocateurs ? Impossible d'évacuer un certain malaise par l'usuelle réplique « Mais enfin, ce ne sont que des animaux ! » Comme ses jeunes lecteurs, l'auteur a le génie de poser, en toute ingénuité, des questions agaçantes, auxquelles des réponses toute faites ne suffisent pas. Cela ne l'empêche pas de considérer les enfants avec le même regard critique que leurs aînés, comme le montre l'illustration de couverture. Il faut bien appeler un chat un chat, même lorsqu'il s'enfuit sur ses deux petites pattes, terrifié par des garnements aux oreilles pointues, armés de lance-pierre.

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Published by libr - dans Album
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