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Une sélection commentée de livres jeunesse s'intéressant aux relations humain/animal.

 

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 19:17

 

couv calpurniaEcrit par Jacqueline Kelly

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Diane Ménard

Aux éditions L’Ecole des loisirs, collection médium, 2013

Prix : 19 euros

A partir de 12 ans

 

 

Le XIXe siècle va bientôt s’achever, dans cette ferme du Texas où vit Calpurnia , entourée de ses six frères. Elle est donc la seule fille, et sa mère entend bien lui donner l’éducation qui fera d’elle un parfaite femme d’intérieur, selon le modèle qui sied à la bonne société de l’époque. Mais Calpurnia, âgée de « presque douze ans »,  a d’autres aspirations, et plutôt que de rester sagement à la maison, consacre tout son temps libre à l’observation de la nature et ne connaît pas de plus grand bonheur que se baigner dans l’eau de sa chère rivière où foisonne la vie. Guidée par sa soif de curiosité, elle se rapproche de son grand-père et parvient à découvrir, sous ses aspects bourrus, des trésors de tendresse et de bienveillance. Elle reçoit de lui un présent inestimable, le livre de Darwin : De l’origine des espèces et apprend à cultiver son esprit scientifique. Mais sa mère n’abandonne pas les projets qu’elle a pour elle et la harcèle avec les cours de piano, de broderie ou encore de cuisine, disciplines dans lesquelles elle est censée exceller. Cependant, tandis que passent les saisons dans une chaleureuse ambiance familiale, Calpurnia confirme ses dons et son caractère hors normes.

Par sa drôlerie et sa naïveté, la jeune héroïne entraîne le lecteur dans le tourbillon de son esprit en éveil. Elle exerce sa curiosité aussi bien sur la nature que sur elle-même et sur son entourage. Ses remarques peuvent prêter à sourire, mais  elles sont bien plus profondes qu’il n’y paraît de prime abord. Le personnage du grand-père, considéré un vieil original que tout le monde respecte, vient ajouter du crédit à son questionnement critique. Celui-ci ne se porte pas seulement sur  l’injustice de la condition féminine, mais aborde aussi l’absurdité de la guerre et l’ignominie de l’esclavage. En faisant de Darwin le maître à penser de Calpurnia, l’auteur s’intéresse à l’évolution dans un sens global.

Evidemment, les rapports que les humains entretiennent avec les animaux en sont un élément moteur. Avec Darwin, l’Homme n’est plus la finalité ultime de la création divine, et le monde se trouve bouleversé. Précurseur d’un nouvel intérêt porté sur le monde animal, il inaugure une série de remises en cause qui se dessinent sous les interrogations de Calpurnia. Difficile de ne voir dans un animal dont on s’est occupé qu’un simple sujet d’étude sans se soucier de son bien être et de rester indifférent à son ressenti individuel quand on lui a donné un nom, comme le raconte l’expérience de Petey, le papillon de nuit. Impossible de ne pas comprendre l’attachement  de Travis, ce jeune frère au cœur tendre, pour les dindes destinées au repas de Thanskgiving qu’on lui a demandé de nourrir, lui qui voudrait recevoir en cadeau pour Noël un âne, animal de ferme qui ne se mange pas. Tandis que de nouvelles découvertes, comme l’automobile ou le téléphone, révolutionnent les façons de vivre, le monde de Calpurnia se prépare à de grands changements, à l’aube d’un avenir aussi étonnant et prometteur que la couverture de neige qu’elle admire pour la première fois à son réveil, le premier jour de l’an 1900.

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Published by libr - dans Roman
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